Les enfants de l'empereur de Claire Messud

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Message par Manu le Sam 29 Nov - 0:03



Marina, Danielle et Julius se sont rencontrés à l’université. Aujourd’hui trentenaires, ils font partie de ce qu’on pourrait appeler l’intelligentsia New-Yorkaise, une génération de jeunes diplômés branchés et désoeuvrés, qui passent plus leur temps à parler chiffons, romances et autres histoires futiles que véritable travail ou n’importe quel sujet plus ou moins intellectuel. Marina travaille depuis plus de 7 ans sur un vague projet de livre sur les vêtements pour enfants. Elle refuse de s’abaisser à accepter un job, elle pense valoir bien plus que ça et que son accomplissement personnel doit passer par la rédaction de ce livre. Le problème, c’est que cela ne l’intéresse pas et elle est donc revenue vivre chez ses parents, faute de revenus. Danielle, la seule à travailler, est assistante de production pour une télévision. Tous ses ambitieux projets sont rejetés les uns après les autres par sa hiérarchie et elle est contrainte d’accepter un reportage sur la liposuccion, seul sujet qui semble intéresser ses supérieurs et les téléspectateurs. Quant à Julius, sa vie sexuelle gay l’accapare et il vivote dans un studio miteux qu’il paie en écrivant des critiques littéraires, pour lesquelles son talent n’est pas reconnu.
A ce trio, s’ajoute Murray Thwaite, le père de Marina, célèbre journaliste et écrivain, reconnu pour de brillants écrits qui ont fait sa gloire dans le passé et qui s’assied sur la notoriété de ceux-ci sans se fatiguer pour se renouveler. Son charisme lui permet de rester au sommet de la vague et d’être adulé, notamment par sa fille.

Deux personnages vont venir chambouler l’équilibre bien établi de ce petit monde. Tout d’abord, Frederick, surnommé Bootie, le neveu de Murray, qui abandonne des études prometteuses, dégoutté par la mascarade qu’est, selon lui, le système scolaire américain. Pensant que son oncle, à qui il voue une profonde admiration, pourra lui en apprendre bien plus que l’université, il décide de le rejoindre à New-York. Ensuite, Ludovic Seeley, un ambitieux australien que Danielle a rencontré à Sidney. Il s’installe à New-York pour lancer Le Monitor, un magazine qui va révolutionner le paysage médiatique américain. Le petit monde pailleté va alors s’effriter, et l’icône incarnée par Murray, qui régnait en empereur, va vaciller sur son piédestal. Et la proximité du 11 septembre 2001 ne va pas arranger les choses.

J’ai été déçue par ce roman, dont j’attendais beaucoup. Tout d’abord, j’ai eu beaucoup de difficulté à entrer dans l’histoire et j’ai l’impression de n’y être jamais vraiment parvenue. Pourtant, l’intrigue vaut le détour mais je me suis malgré tout un peu ennuyée. Les personnages sont creux, inintéressants. Sensés représenter une certaine élite intellectuelle, ils sont futiles et, à part l’un ou l’autre, leur intelligence est très peu valorisée. Le personnage de Marina m’a particulièrement tapé sur le système : imbue d’elle-même, capricieuse et égoïste. Le personnage de Bootie aurait aussi mérité un développement plus pointu car les raisons qui expliquent son comportement final sont faibles. Un autre traitement me l’aurait sans doute rendu plus sympathique, mais là, j’avoue qu’il m’a aussi horripilée et que l’incohérence de son attitude et de ses choix m’ont laissée perplexe. L’intrigue aurait mérité un approfondissement de ses états d’âme.

L’éditeur affirme que c’est “le roman sur New-York”. Moi qui suis allée visiter la grosse pomme en juin et en suis revenue enchantée, il n’en fallait pas plus pour me séduire. Et là, grosse déception. Je n’ai pas retrouvé la ville que j’ai visité, à part quelques endroits par-ci par là. Mais évidemment, je ne faisais pas partie de la haute bourgeoisie littéraire qui va de cocktail en dîner mondain.
L’intrigue, par contre, est digne d’intérêt. Dommage que les défauts autour nuisent à sa progression et la désservent. L’idée était brillante mais le traitement ne m’a pas convaincu. Je me demande quand même si lu à un autre moment, il ne m’aurait pas davantage plu. Car il est vrai que les conditions n’étaient pas favorables. Dommage car j’avais réellement envie de l’aimer ce livre !
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Manu
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