Le rêve d’Emile Zola

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Message par kali le Ven 15 Fév - 15:21



Le jour de Noël 1860, devant la cathédrale de Beaumont enneigée, Angélique, une enfant trouvée et martyrisée, cheveux blonds et regard couleur de violette, est recueillie par Hubertine et son mari Hubert. Ils élèvent la sauvageonne qui apprend la broderie et se met à lire avec passion La Légende dorée de Jacques de Voragine. Une vie de travail et de piété, illuminée bientôt par l'idylle qui se noue entre Angélique et Félicien.


Voilà un tome des Rougon Macquart bien particulier…

On peut faire deux lectures de ce court roman (à peine 200 pages).

La première consiste à voir dans cette histoire une sorte de « feux de l’amour » sauce 1880. Elle est pauvre, orpheline, recueillie par un couple de gentils chasubliers, pieux et stériles, et elle grandit dans la pureté de la foi ; elle rencontre, à 16 ans, un magnifique prince charmant, beau comme un dieu (c’est le cas de le dire), dont elle va découvrir la véritable identité, puis ils devront dépasser tous les obstacles de leur chemin grâce à la force de leur amûûûr. Un vrai conte de fées, plein de beaux sentiments tout blancs, à mettre entre les mains de toutes les prudes jeunes filles.

A première vue, on est bien loin des alcooliques à tendance meurtrière qui peuplent les autres romans de Zola ; le côté bluette du Rêve a d’ailleurs valu à l’auteur un certain nombre de railleries à l’époque de sa sortie (citons par exemple ce vilain Anatole France, disant dans un article de presse, « s’il fallait absolument choisir, à M. Zola ailé, je préfèrerais encore M. Zola à quatre pattes »).

Cependant, à y regarder de plus près, Le Rêve a lui aussi son côté sombre, qui lui donne toute sa place dans la saga de ces timbrés de Rougon. Angélique, l’héroïne, est très pieuse ; certes, mais grâce à quoi ? Grâce à la lecture quotidienne de La Légende dorée, un livre du Moyen-Age qui raconte la vie des saints, mais surtout toutes les atrocités qu’ils doivent subir pour le devenir. C’est raconté avec moult détails bien dégoûtants et Angélique s’en repaît…

Et puis bon, elle est pure, d’accord, mais elle fait quand même des rêves du genre freudiens avant l’heure, et à plusieurs reprises, elle allume franchement son pauvre fiancé qui ne sait comment réagir (inconsciemment toujours, m’enfin…).

Bref, on est à tout moment dans le doute, on se demande sans cesse comment comprendre la mystérieuse Angélique. C’est un Zola très original, que j’ai finalement beaucoup aimé.
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Message par pupucette le Sam 16 Fév - 17:40

Je n'en avais jamais entendu parler... et ton avis m'a donné envie de le lire. Je crois que ma LAL va s'allonger Embarassed
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Message par Invité le Sam 26 Avr - 16:02

Je l'ai lu il ya très longtemps et je l'ai trouvé très bien pour un Zola. J'ai toujours eu du mal avec cet auteur (surtout avec l'Assommoir") mais là j'ai été bluffée.

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