Ubu Roi ~ Alfred Jarry

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Message par Avalon le Mar 8 Avr - 19:01



● Ubu Roi

● Alfred Jarry est un poète, romancier et dramaturge français, né à Laval (Mayenne) le 8 septembre 1873 et mort à Paris le 1er novembre 1907.

● Officier du roi Venceslas, décoré de l'ordre de l'Aigle rouge, Ubu jouit d'une position enviable à la cour de Pologne. Mais sa femme, la Mère Ubu, a bien d'autres ambitions pour lui. En le persuadant de détrôner Venceslas, elle va le précipiter dans de multiples aventures. Ubu sera tour à tour roi, guerrier et fuyard, avant de devenir "maître des Phynances" dans son pays d'origine, la France...
En composant à quinze ans cette oeuvre parodique et bouffone, qui fit scandale lors de sa création en 1896, Alfred Jarry (1873-1907) ne se doutait certes pas qu'il fallait marquer de son empreinte tout le théâtre du XX siècle, de Roger Vitrac à Boris Vian et à Eugène Ionesco. Il y a du Shakespeare et du Rabelais dans cette fantaisie "hénaurme" et truculente, au rythme débridé, à l'invention verbale irrésistible de drôlerie. Tour à tour féroce et couard, vaniteux et inquiet, mélange de Macbeth et de Falstaff, le Père Ubu est plus qu'un personnage: c'est un mythe, incarnation d'une humanité à la fois terrifiante et dérisoire, comique à force de laideur, colossale de sottise et de lâcheté.

● J'ai lu cette pièce car j'avais étudié un passage en français. Je n'ai pas été déçue. Elle est courte, drôle et elle se lit très facilement.
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Message par POLYEUCTE le Ven 23 Mai - 22:16

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Ben MERDRE ! C'est presque du Chatqu'expire, cette pièce !

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Message par POLYEUCTE le Jeu 29 Mai - 22:18

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La brise est glacée !


Alfred JARRY est mort l'année dernière rappela, tristement, l'épicier PETITPONT à Madame POUCHOULIN et à cet escogriffe de GRANDOUCET. - Celui-ci, gaffeur dyslexique et impénitent, était le "ragotteur" officiel du charmant bourg de Précin.

En bonne commère, Madame POUCHOULIN joignit ses mains grassouillettes, pencha sa tête ronde, le chignon chapeauté de paille et fleurs soyeuses, en s'écriant de façon théâtrale :
Quand je pense à cette pauvre Madame JARRY !
PETITPONT toussota, gêné, et indiqua à la brave femme que Jarry était décédé l'année passée, 1907, dans la capitale haussmannienne, en pleine jeunesse (34 ans, pensez-don[c] !)
- Merde, s'écria spontanément GRANDOUCET.

- MerdRe le reprit aussitôt l'épicier qui avait une certaine culture, il faut y mettre un autre "R", voyons !

- Oui, ça aère, précisa Madame POUCHOULIN qui n'avait rien compris... Tiens, voici Monsieur GUILLARD, notre maire...

Cet homme pansu, libraire de son état, bourgeois aisé, s'avança vers le trio, les bras tendus comme pour témoigner du malheur qui s'abattait sur cette belle région. Monsieur GUILLARD avait la particularité d'avoir les yeux larmoyants en permanence, ce qui présentait un avantage indiscutable en certaines occasions douloureuses.

L'édile aussitôt haranguait ses trois administrés et clients :
- Mes amis, nous, habitants de Précin, ne pouvons rester bras ballants quand va être honorée, en France, l'anniversaire du décès d'Alfred JARRY. Dîtes-vous bien que les Lavallois vont se démener pour lui rendre hommage. N'oublions surtout pas que le célèbre écrivain, alors lycéen rennais, trouva, en partie, l'inspiration de son œuvre "Ubu-Roi", notamment en observant nos concitoyens, et en s'emparant de l'oie de la Mère Pluche, paix à son âme, pour s'approvisionner en plumes.
Je vous propose donc d'organiser une soirée du souvenir à la mémoire d'Alfred JARRY. Nous y citerons quelques anecdotes de sa vie parisienne par l'intermédiaire de notre amuseur local, j'ai nommé le ci-présent Ludovic GRANDOUCET.

C'est pas un cRadeau, déclara finement le ragotteur, MeRdre !
Cela vient, cela vient, fit le maire, apparemment satisfait : venez cet après-midi à la librairie et je vous communiquerai quelques savoureuses inventions d'Alfred JARRY.
Le Maire pris poliment congé de ses administrés et s'éloigna en conversant avec l'escogriffe...
- Mais que voulait-il dire GRANDOUCET avec son "cRadeau" ? fit timidement madame POUCHOULIN
Probablement : un "sale cadeau", dans le langage ubuesque, traduisit sans hésitation l'épicier.

·····

Voilà, dit le libraire, nous allons élaborer une pièce de théâtre (oh, en un seul acte, bien sûr !) au cours de laquelle seront lus des extraits de ses œuvres et mimée une anecdote d'un salon parisien...
Je lirai moi-même ces textes surréalistes.
Vous, GRANDOUCET, ferez les gestes, assortis des paroles de feu Alfred JARRY.

Mais les morts ne parlent plus ! dit (stupidement) GRANDOUCET.
Mais non ! Il s'agit des paroles qu'il prononçait avant, à cette occasion. Ainsi, convié un soir, pour la première fois, en un salon parisien, il arriva en tenue cycliste, et, sans dire un seul mot, sortit un revolver de sa poche, tira sur une psyché...
Mais qu'est-ce qu'elle avait donc bien pu lui faire ?
— Une psyché c'est un miroir, une glace si vous préférez, GRANDOUCET,
soupira, excédé, Monsieur GUILLARD. Donc je reprends : Alfred JARRY arriva en tenue cycliste, et, sans émettre un seul mot, sortit un revolver de sa poche, tira sur un... miroir, puis déclara : « maintenant nous pouvons parler : la glace est brisée ! »
Mais c'est dangereux de tirer sur un psy...machin au milieu des gens !
— Vous pointerez seulement le revolver, non chargé, bien évidemment, en direction du miroir, et vous attendrez, écoutez-moi bien, vous attendrez que le souffleur crie : "Pan !" ..., et que quelqu'un brise le miroir, pour prononcer les mêmes paroles qu'Alfred JARRY.


·····

En cette soirée anniversaire du décès d'Alfred JARRY, le Maire-libraire de Précin, habillé d'une veste bleue à brandebourgs et d'un pantalon rouge, coiffé d'une citrouille, assis dans une bergère dorée, une serpette et un balai de jonc en mains, récite, grandiloquent, le poème "Valse" (tiré des "Paralipomènes d'Ubu".) Il se lève par moment et gesticule, en déclamant ses tirades longuettes, sur l'estrade en bois installée dans une grange.
Au dernier vers de chaque strophe, il incite le public à crier en chœur le cri de guerre "jarrien" : « Hourra, cornes-au-cul, vive le père Ubu ! » en faisant force mouvements de bras tel un chef d'orchestre wagnérien.
Au premier rang, les personnalités invitées sont assises sur des chaises paillées. Madame La Sous-Préfète s'encanaille à hurler "cornes-au-cul", puis, sitôt ces paroles révolutionnaires lancées, se tourne avec grâce vers ses voisins pour constater l'effet produit en ayant l'air de dire : voyez ce dont je suis capable...
Au milieu du public la voix de stentor de l'épicier PETITPONT entraîne le chœur, alors que Madame POUCHOULIN, toute rougissante de son audace, murmure cet infâme slogan comme une prière.

Enfin, paraît GRANDOUCET. N'ayant pas trouvé de culotte cycliste à sa taille, il a donc enfilé ses chaussettes de laine en recouvrement des jambes de son pantalon en coutil. Cet accoutrement lui fait des mollets de coureur du Tour de France (GARIN ou PETIT-BRETON.)
Le ragotteur paraît très ému. Visiblement il a le trac : le syndrome de Sarah BERNHARDT...

Sur la scène est installé un vieux miroir sur pieds derrière lequel se tient un adolescent muni d'un marteau. Au bas de l'estrade un vieillard est accoudé : c'est le "souffleur."

GRANDOUCET fait quelque pas sur le plancher, fouille dans une poche, puis dans une autre et sort enfin un revolver, instrument de mort qu'il pointe, bras tendu, vers le miroir.
Puis il attend.
Rien ne se passe.
Le bras rigide tremble de plus en plus : le souffleur s'est endormi ! Monsieur Guillard sur le côté de la grange fait des petits "Pan !" discrets afin de réveiller le comparse.
L'hilarité secoue le public, Madame la Sous-Préfète en pleure de rire...
Enfin, le préposé au "Pan !" se réveille brusquement, prend conscience de sa bévue en voyant l'oscillation du poing de GRANDOUCET et, totalement déboussolé, hurle : "Crac !"
Derrière la psyché, l'adolescent hésite un instant au son du faux signal, et la martèle un peu trop doucement. Il doit s'y rependre à trois fois, d'ailleurs, pour la briser.
GRANDOUCET jette un regard d'acteur en perdition sur le public, les bras le long du corps, l'arme toujours au poing...
Le Maire excédé lui crie : "la phrase! la phrase!" L'escogriffe dyslexique se ressaisit et sur un ton déclamatoire :
« Maintenant nous pouvons laper : la brise est glacée ! »


Un journaliste à barbichette et bésicles sur le nez, note sur un carnet à l'aide de son crayon à mine de plomb Comté :
« Alfred Jarry n'est plus, mais son esprit demeure... »



Jacques LAMY
[b]

POLYEUCTE
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